La rhétorique anti-UE (et anti-étrangers) fait partie du programme de l'UDC qui est ainsi devenu le parti le plus puissant de Suisse. Quelle part de vérité y a-t-il dans cette rhétorique ?
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Nous avons examiné de plus près les cinq principales attaques visant l'Union européenne (UE), et commençons par la plus courante : l'UE serait un monstre bureaucratique.
Environ 60'000 fonctionnaires et autres employé⸱ee de l'Union européenne (UE) sont au service de 450 millions de citoyen⸱nes dans 27 pays. Elles et ils travaillent sur différents sites au sein de l'UE, mais également en dehors, dans le monde entier (cf. le service diplomatique de l'UE).
L'administration fédérale de Berne emploie un peu plus de 40'000 personnes, soit environ les deux tiers de l'UE, pour une population d'environ 9 millions d'habitant⸱es. Comparée à la Suisse, l'UE n'est donc pas un mastodonte administratif surdimensionné, bien au contraire.
L'application des réglementations, qu'elles émanent de Bruxelles ou de Berne, demande des efforts et peut parfois être ennuyeuse. Mais surtout, elles nous protègent des catastrophes. Bien que les contrôles alimentaires stricts augmentent les coûts pour les productrices et producteurs, et les charges administratives, ils protègent la population contre les maladies graves.
Conclusion : l'administration de l'UE est organisée de manière efficace, même si certaines réglementations de Bruxelles suscitent des critiques de temps à autre (tout comme d'autres réglementations de Berne).
De nombreux éléments de la démocratie suisse jouent également un rôle important au sein de l'UE. Et la prise de décision y est souvent tout aussi complexe et longue. En effet, comme en Suisse, tous les acteurs concernés, que ce soit de la politique, des entreprises et de la société civile, sont consultés en amont avant que la Commission européenne ne fasse une proposition législative, dans le cadre d'un processus de consultation européen.
Le Conseil des ministres de l'UE et le Parlement européen se prononcent ensuite sur les propositions législatives de la Commission, comme dans un système bicaméral. Et, comme en Suisse, il existe une procédure de règlement des différends en cas de désaccord entre les deux instances.
Contrairement à la Suisse, où les lois peuvent être bloquées par des référendums, le Parlement européen exerce son contrôle démocratique par un vote de censure. Directement élu par les citoyen⸱nes de l'UE, le Parlement compte un plus grand nombre de parlementaires par habitant dans les petits États que dans les grands États, comme l'Allemagne ou la France.
Conclusion : l'UE n'est pas une démocratie directe comme la Suisse. Avec sa structure fédéraliste, son processus de consultation et son système bicaméral, elle n'est toutefois pas non plus totalement différente, et certainement pas une dictature.
La lutte contre les « juges étrangers » est l'un des thèmes de prédilection de l'UDC en matière de coopération avec l'UE : « Même les premiers Suisses se sont battus contre les juges étrangers ! » Contrairement à cette époque, la Suisse souhaite désormais participer volontairement au marché intérieur de l'UE, car elle bénéficie grandement de la gratuité de l'accès. Or, quiconque souhaite faire partie du marché commun doit également accepter les règles qui s'y appliquent.
La Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) est l'autorité qui détermine si ces règles sont bien respectées. En Suisse, la Cour fédérale est la plus haute instance judiciaire. Il ne viendrait guère à l'esprit d'aucun canton de rejeter une décision du Tribunal fédéral simplement parce que les juges ne viennent pas de son propre canton. De plus, la Cour de justice de l'UE joue un rôle constructif dans la promotion des valeurs européennes qui sont largement identiques aux valeurs suisses.
Conclusion : la séparation des pouvoirs est un principe fondamental des systèmes démocratiques. Au travers d'innombrables arrêts, la Cour de justice de l'UE a prouvé son indépendance face aux tentatives de pressions politiques.
Dans les pays de l'UE (et également en Suisse), il faut généralement un ou plusieurs mois de salaire pour payer ses impôts. Cependant, les citoyens⸱nes ne doivent travailler que quatre jours par an pour contribuer au budget de l'UE, soit jusqu'au 4 janvier de chaque année. De plus, les dépenses administratives ne représentent que 6% du budget de l'UE.
Autre comparaison : le budget total de l'UE revient en moyenne 1,15 euro par jour et par habitant⸱e de l'UE. À titre de comparaison, le budget fédéral suisse coûte 26 francs par jour à chacun⸱ne d'entre nous. Les subventions de l'UE sont donc bien inférieures à celles des différents Etats membres ou de la Suisse.
Conclusion : pour des coûts relativement faibles, l'UE offre des libertés inédites, une sécurité accrue et d'énormes avantages économiques.
Aujourd'hui, l'UE compte 27 pays et la Suisse compte 26 cantons. Ces deux systèmes fédéralistes font constamment l'objet de critiques, y compris notre « esprit des cantons ». Pourtant, ces deux systèmes ont assuré une stabilité et une croissance de la prospérité exceptionnelles sur le long terme.
Dans l'ensemble, l'élargissement à 27 États membres a considérablement accru l'influence de l'UE. Le nombre de démocraties européennes a ainsi presque doublé. Un marché unique de 450 millions de personnes et une monnaie commune stable ont été créés, conférant à l'UE une puissance économique. Ce faisant, elle peut contrer les politiques de plus en plus agressives des grandes puissances que sont les États-Unis, la Russie et la Chine, et tenir tête aux entreprises technologiques. De plus, la vie en Europe est devenue beaucoup plus sûre. Grâce à la coopération policière et judiciaire, l'UE est en mesure de lutter contre la criminalité bien mieux que ne pourraient jamais le faire les différents pays.
Conclusion : au cours des dernières décennies, l'UE, encore jeune, est devenue la puissance démocratique la plus stable du monde. Même les crises telles que la pandémie de Covid-19 ou les tendances autoritaires dans certains pays (comme en Hongrie récemment) n'empêchent pas l'UE d'agir.
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