Focus
11.6.2026

Et si le hasard régnait à nouveau en maître ?

En 1992, 50,3% de la population a voté contre l'Espace économique européen (EEE). L'isolement et la stagnation économique s'en sont suivis. Cinq initiatives européennes seront bientôt soumises au vote.

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Et si le hasard régnait à nouveau en maître ?

La Suisse a l'expérience de référendums dont les résultats peuvent sembler aléatoires. Les résultats des votes doivent être respectés, même s'ils sont très serrés, comme dans le cas du « non » à l'Espace économique européen (EEE), qui a entraîné une décennie d'isolement et de stagnation économique. À partir de 2001, la Suisse a renoué avec l'Europe par le biais des accords bilatéraux 1 et 2. Dans environ deux ans, nous voterons sur le troisième paquet d'accords et, avant cela, sur quatre initiatives qui menacent de saper les relations entre la Suisse et l'UE.

Après les votes et les élections, les perdants disent souvent : « Nous n'avons pas réussi à faire passer nos arguments. » Cela est parfois dû à l'engagement peu convaincant de personnalités politiques et économiques. Mais c'est souvent aussi à cause d'une complexité qu'il est impossible de maîtriser. Voici donc une description brève et concise des conséquences des cinq prochains votes concernant nos relations avec l'UE.

Trois initiatives de l'UDC et une quatrième émanant d'un milliardaire

  • L'initiative pour la durabilité (« Pas de Suisse à 10 millions ! ») de l'UDC sera soumise au vote le 14 juin prochain. Si elle est acceptée, l'accord sur la libre circulation des personnes devrait être résilié dans quelques années à peine, entraînant ainsi a résiliation de tous les traités bilatéraux du premier paquet (les « Bilatérales 1 »). La Suisse reviendrait à la case départ en termes de développement économique, comme dans les années 90 après le refus de l'EEE.
  • L'initiative sur la neutralité de l'UDC passera devant le peuple le 27 septembre 2026. Un « oui » à cette initiative rendrait impossible toute coopération dans le secteur de la sécurité avec l'UE et l'OTAN impossible. Nous ne pourrions pas non plus nous associer à d'autres sanctions contre des agresseurs tels que la Russie. Il s'agirait d'une autorégulation qui comporterait des risques majeurs pour la Suisse et n'apporterait aucun avantage au monde.
  • L'initiative pour la protection des frontières de l'UDC devrait arriver en 2028. En cas d'acceptation, il existe d'une part un risque d'exclusion de l'accord Schengen/Dublin. La Suisse ne pourrait alors plus renvoyer les demandeuses et demandeurs d'asile vers le premier pays d'entrée, ce qui augmenterait considérablement le nombre de demandes d'asile. Deuxièmement, il y aurait une exclusion du système d'information européen pour la lutte contre la criminalité. En résumé, une coopération d'une importance décisive avec l'UE, dans les domaines de la sécurité et de l'asile, serait impossible.
  • Nous devrions aussi voter sur l'initiative « Boussole Europe » en 2028, lancée par des initiant⸱es autour du milliardaire Fredy Gantner par des initiateurs autour du milliardaire Fredy Gantner. Un « oui » signifierait que dans les Bilatérales 3 seraient soumises non seulement à la majorité de la population mais aussi à celle des cantons. La population des cantons ruraux bénéficierait ainsi d'un poids de vote plus important que celle des centres économiques. Selon la Constitution fédérale, la majorité de la population suffit toutefois pour de tels traités internationaux. En bref : les initiant⸱es cherchent à mettre le plus de bâtons possible dans les roues des Bilatéraux 3 afin de faire échouer le nouveau paquet d'accords entre la Suisse et l'UE, car celui-ci pourrait restreindre leurs intérêts commerciaux en tant qu'acteurs financiers.

Les Bilatérales 3 ne seront probablement pas soumises à la population avant 2028

Le nouveau paquet d'accords avec l'UE vise à garantir que la Suisse reste étroitement liée au marché intérieur de l'UE, sans pour autant rejoindre l'UE ou l'EEE. Il permet également de conclure de nouvelles coopérations, notamment en matière d'intégration au réseau électrique européen, afin d'améliorer la sécurité de l'approvisionnement et la stabilité du réseau suisse.

Toutes les parties, à l'exception de l'UDC, considèrent dans l'ensemble les Bilatérales 3 comme une avancée positive et comme une étape éminemment importante en cette période d'incertitude. Si vous ne voulez pas prendre le risque de voir les dés jetés avant même que le paquet d'accords ne soit soumis à la population, participez au débat, dans la mesure du possible à la table de la cuisine, pendant les pauses-café, lors de conférences ou sur les réseaux sociaux et dans les médias traditionnels.

Pour aller plus loin, consultez l'article suivant dans la rubrique « Longs formats » :

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